Axes de recherche

Circulation des savoirs

Circulation des savoirs dans l’Europe du XVIe siècle : acteurs, livres, idées, techniques et autres connaissances.
Cette thématique de recherche s’articule autour de plusieurs volets qui vont de l’étude de la matérialité des savoirs à l’identification des objets, des espaces et des acteurs des savoirs anciens et nouveaux.
Dans cet axe sont étudiés les moyens de transmission du savoir qui concernent aussi bien les axes de communication traditionnels que les supports conceptuels et lexicographiques ;  les objets et produits de savoirs : ateliers, instruments scientifiques et techniques et matériels typographiques ; les espaces servant d’escale et de centres de diffusion des connaissances, des savoirs et des confessions, ainsi que les lieux de refuge pour les migrants ou les réfugiés.
Enfin, on s’intéressera tout particulièrement aux acteurs médiateurs et diffuseurs des connaissances théoriques et pratiques renaissantes : savants, diplomates, théologiens, imprimeurs, libraires etc.

Continuité et discontinuité des Belles Lettres

Continuité et discontinuité des Belles Lettres. Esthétique de la courtoisie et de la galanterie.
Les notions de « courtoisie » et de « galanterie » invitent, à bien des égards, à des interrogations historiques et esthétiques parallèles. L’idéal de la courtoisie et celui de la galanterie s’épanouissent dans les cours, autour du Prince. Il s’agit donc, d’abord, d’un ensemble curial et social de valeurs. La « société de Cour » favorise une culture de l’otium aristocratique et de la distinction, définissant des règles de comportement et de pratiques d’écriture spécifiques.
On peut resserrer le champ de l’étude en considérant les conceptions de l’amour qui constituent la face érotique de l’axiologie curiale. On peut également songer à la problématique anthropologique de la matrimonialité : l’antagonisme entre l’amour adultère et l’amour entre époux conduit à s’interroger sur les valeurs dont l’amour courtois et galants sont peut-être l’expression voilée et bienséante : la régulation de la prédation et du désir comme forces de « dés-ordre ».
Cette éthique ouvrirait sur une dimension historique et culturelle majeure : quels sont les textes qui circulent et perpétuent ce raffinement des comportements érotiques ? Cette éthique ouvre, par ailleurs, sur une dimension esthétique spécifique : du Moyen Âge au XVIIe siècle, le raffinement des comportements érotiques irrigue des Lettres qui ne cherchent pas leur originalité dans la nouveauté de l’inspiration, mais dans l’agencement ordonné de motifs et la subtilité de leur expression rhétorique. Cette esthétique invite à explorer la « correspondance entre les arts » : la lyrique médiévale est inséparable de la musique ; la « fête galante » unit la littérature à la musique et à la danse.

Dire l’émotion à la Renaissance

L’image peinte ou sculptée a partie liée avec l’émotion, sous des modalités différentes d’une époque à l’autre et d’une région à l’autre. Quant à la musique elle est depuis toujours considérée comme accessible aux sentiments et chargée d’affect.
La Renaissance occupe dans la compréhension de ces phénomènes une place privilégiée, dans la mesure où se développent alors les principes théoriques et esthétiques qui fondent la compréhension moderne de l’émotion musicale. Deux dimensions cohabitent, la première esthétique, la seconde socioculturelle avec l’établissement d’une norme sociale qui vise le contrôle des passions.
Dire l’émotion à la Renaissance se propose d’étudier ce moment clé qui s’inscrit dans une évolution générale des arts et des savoirs à la Renaissance, et s’accompagne d’une platonisation des états d’âme. À la fin du XVe siècle, tempérer ses émotions et se maîtriser sont deux pratiques ancrées dans une conception de l’harmonie cosmique autant qu’humaine.

Études génériques et intertextuelles

Les recherches sur les langues se poursuivront en les intégrant à la problématique des genres, qui dépasse largement le domaine français et accorde une plus large place à la théorie littéraire avec une réflexion sur les notions de corpus et de collection. Les Bibliothèques Virtuelles Humanistes continuent d’être un lieu d’expérimentation nécessairement polyglotte.
La traduction et sa théorie : les travaux sur les corpus parallèles (éditions différentes, et édition originale/ traduction de l’époque) seront poursuivis.  Les « entités nommées » seront balisées dans les textes transcrits et dans les listes d’autorités des catalogues.
Le générique et la génétique : le travail d’encodage des sources avérées ou probables de Rabelais et de Montaigne est en cours. L’édition générique se distingue de l’édition génétique par la limitation aux exemplaires majeurs et au traitement de corpus relativement vastes autorisant l’étude des transferts génériques.
Fiction, utopie et mondes virtuels : Il s’agit de poursuivre l’étude des mondes virtuels tels qu’ils sont dits, évoqués ou écrits dans les textes de la Renaissance, de saisir cette virtualité à l’œuvre par la nature même des documents (dématérialisés ou non) et par les changements cognitifs que cette manipulation du texte implique actuellement.

La France désolée

Nombreux sont les hommes qui déplorent l’état affligeant de la France de la seconde moitié du XVIe siècle.  Cette ruine manifeste de la France donne souvent lieu à une réflexion sur l’ordre qui se déploie dans le domaine juridique, littéraire et philosophique et s’accompagne du développement d’une double pensée de la discorde et de la consternation.
En développant plusieurs manifestations convergentes (séminaire d’histoire politique consacré aux remontrances, colloque sur le dissensus, mise en chantier d’une édition critique du Conseil à la France Désolée de Sébastien Castellion), cet axe se propose d’éclairer d’une lumière nouvelle les écritures de la consternation face aux désordres.

La Renaissance en Val de Loire

Les activités de cet axe, créé dès le quadriennal 2004, concernent tant la recherche fondamentale que des actions de valorisation du patrimoine en Val de Loire (arts visuels, architecture, musique, littérature…). Les dossiers en cours portent notamment sur deux domaines majeurs : le foyer tourangeau (1450-1550) et la présence de Léonard de Vinci en région Centre. Cet axe s’appuie sur les richesses territoriales et le potentiel humain des institutions avec lesquelles le CESR travaille.  Il se caractérise par la diversité des opérations menées qui vont de la participation à des expositions à l’organisation de colloques, fruit généralement de la collaboration avec des partenaires extérieurs au CESR.

Profane et sacré

Profane et sacré dans la culture européenne des XVe – XVIIe siècles.
La réflexion proposée s’organise autour de la problématique transversale du rapport entre profane et sacré dans les différentes productions idéologiques et artistiques qui font la culture européenne des XVe-XVIIe siècles. L’aire italienne sera privilégiée, mais l’aire européenne dans son ensemble, où des approfondissements spécifiques sont à mener, est concernée.
La réflexion proposée pourra s’orienter dans trois directions : 1. les biographies et les carrières des acteurs culturels ; 2. les productions et les représentations ; 3. la question du genre et d’une spécificité féminine du rapport entre profane et sacré.

Savoirs et sagesse

Dans le prolongement des axes « Théorie de l’esprit et de la création » et « Vie active et vie contemplative » du précédent contrat quadriennal, il s’agit d’envisager un certain nombre de mutations concernant l’activité philosophique et plus largement les formes de savoir, considérées du point de vue de leur contenu conceptuel.
C’est l’organisation même des savoirs théoriques et pratiques à la Renaissance sur laquelle il convient de s’interroger. Comment s’articulent les différentes parties de la philosophie, notamment la métaphysique et l’éthique, dans leur rapport éventuel à la théologie ? Il convient aussi d’être attentif à des chemins moins connus par où se reformule l’articulation entre science et sagesse. Quant aux sciences, connaissent-elles un processus de sécularisation ou continuent-elles à se développer dans un rapport contradictoire avec la théologie ?
Ces recherches sont susceptibles de se développer selon trois directions : Éthique et subjectivité ;  Savoir et démonstration ;  Médecine, mathématiques, philosophie naturelle.