Jean Beuvier

Titre de la Thèse: L'ornement sculpté dans l'architecture religieuse française entre 1480 et 1540

Courriel: jean.beuvier@gmail.com

Date de début de la thèse: 2017

Directeur (trice): Marion Boudon-Machuel

Discipline: Histoire de l'art

Résumé: 

La période artistique partagée entre Moyen Âge et Renaissance, longtemps considérée comme transitoire, fait l’objet d’une réévaluation depuis un vingtaine d’années. L’Art de la Renaissance en France d’H. Zerner (1996), des catalogues d’expositions comme Le Beau XVIe siècle (2009), France 1500 (2010) et Tours 1500 (2012), ainsi que les actes de colloque La France et l’Europe autour de 1500 (2015) ont montré que l’art en France de la fin du XVe siècle à la fin du XVIe siècle doit être analysé en tant que tel et compris notamment au regard des interactions entre les différents courants qui le constituent. De fait, cette période se caractérise en particulier par l’intensification des échanges avec l’Italie, qui se sont d’abord exprimés par le biais de l’ornement, lequel connaît alors une mutation notoire et constitue un signe précurseur de l’engouement plus large pour l’art italien, comme l’ont montré les spécialistes de l’architecture (J. Guillaume, Y. Pauwels, É. Thomas). Ces chercheurs se sont attachés à démontrer que les artistes français, avant de s’intéresser aux éléments de conception de l’architecture antique et de les comprendre, se sont d’abord intéressés aux motifs antiques, facilement adaptables aux formes architecturales gothiques. Toutefois, la question n’a été abordée que ponctuellement et n’a pas encore fait l’objet d’une étude systématique.
Ce projet de thèse porte sur l’ornement sculpté dans l’architecture religieuse – qui sert alors de cadre à l’invention d’un ornement spécifique – en France, entre la fin du gothique (vers 1480) et l’invention d’un ornement maniériste sur le chantier de Fontainebleau dans les années 1540. La constitution d’un vaste corpus composé d’ornements en pierre de l’architecture intérieure et du mobilier religieux (jubés, clôtures de chœur et de chapelles, retables, fonts baptismaux et tombeaux) permettra d’appréhender la complexité de ce type de décor afin de mieux comprendre sa conception, sa fonction ainsi que les liens qu’il entretient avec son environnement (liturgie, pratiques dévotionnelles) et conduira à s’interroger sur des questions de typologie, d’iconographie et de significations. Centrée sur la France, l’analyse portera sur les foyers artistiques majeurs dont la connaissance est fondamentale pour penser l’art de cette période : Tours, Moulins, Paris, Gaillon, Rouen, Troyes, Rodez et Albi. L’étude d’exemples italiens en Lombardie, Toscane et Campanie notamment servira à affiner la connaissance des transferts artistiques entre la France et l’Italie, et, ainsi, de distinguer ce qui relève de l’invention, de l’apport direct (Jérôme Pacherot à Tours et à Gaillon) et de la variation sur modèles. L’analyse du corpus sera en outre enrichie par des incursions dans le domaine du manuscrit (répertoire de formes, rôle du commanditaire, questions d’échelle) et du vitrail (ornement architecturé). Ce travail s’appuiera aussi sur un ensemble de sources archivistiques et documentaires. Les premières sont réparties entre le Minutier central des notaires parisiens aux Archives nationales et dans les séries E, G et H en particulier des différents services d’archives départementales. Les secondes sont conservées dans les fonds de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, de la documentation du département des arts graphiques du musée du Louvre, de la Bibliothèque centrale des musées nationaux, du musée des Arts Décoratifs, de la bibliothèque de l’INHA, dans les DRAC et les sièges régionaux de l’Inventaire, ou encore à l’étranger comme à la bibliothèque et à la photothèque du Kunsthistorisches Institut de Florence.
L’étude du corpus, des œuvres en contexte et des sources se fondera sur l’analyse des rapports formels et fonctionnels existant entre le décor et la structure ainsi que sur une identification de la fonction symbolique que ce dernier entretient avec le commanditaire et/ou le monument, la culture humaniste et/ou la liturgie. De fait, il semble que le vocabulaire et la grammaire de l’ornement français « à l’antique » sont adaptés à la fonction du monument et pensés en lien étroit avec des revendications identitaires. Investis de références savantes induisant une culture humaniste, les décors ornementaux sont également le résultat d’un dialogue entre le commanditaire et les artistes chargés de son exécution. Le travail qui sera mené interrogera donc le rôle de la commande, mais aussi la collaboration entre les artistes (modèles du peintre, réalisation par le sculpteur ou le tailleur de pierre ?), ce qui permettra de définir les caractéristiques typologiques et iconographiques de l’ornement sculpté en France dans le domaine religieux en prenant en compte le contexte de l’époque. La recherche aura ainsi comme objectif de montrer en quoi la sculpture décorative a pu être porteuse de sens, comme cela a déjà pu être observé pour certain motifs à l’échelle d’un monument (le tombeau des enfants de Charles VIII, F. Bardati, T. Mozzati, 2009) ou de l’ensemble du territoire français (le portrait sculpté en médaillon en France à la Renaissance, S. Munoz, 2016).
Les problématiques que cette analyse soulève rejoignent certaines questions posées à la discipline depuis quelques années qu’elles permettront d’éclairer, comme celle de la périodisation entre Moyen Âge et Renaissance, des transferts artistiques entre les foyers et du statut de l’ornement (Perspective, 2011 ; Question d’ornements, 2013).

CV court: 

Travaux de recherche :

  • Mémoire de master 2 : « Forme, agencement et sens de l’ornement sculpté du Tour de chœur de Chartres. Deuxième volet : Le décor du Tour de chœur, représentatif de l’ornement sculpté en France dans le premier tiers du XVIe siècle ? », sous la direction de Marion Boudon-Machuel. Mention Très Bien.
  • Mémoire de master 1 : « Forme, agencement et sens de l’ornement sculpté du Tour de chœur de Chartres », sous la direction de Marion Boudon-Machuel. Mention Très Bien.

Expériences professionnelles :

  • Mai-juillet 2017 : Ingénieur d’études pour le projet ARVIVA (IPAT/CESR) dirigé par Pascale Charron.
  • Janvier-mars 2016 : Stagiaire pour le projet Sculpture 3D (IPAT/CESR), dirigé par Marion Boudon-Machuel.

Thèmes de recherche: 

Ornement, arts de l’image, liturgie, histoire religieuse, histoire des pratiques religieuses.

Cursus studiorum: 

  • 2016-2017 : Master 2 "Genèse de l'Europe moderne", Tours, CESR.
  • 2015-2016 : Master 1 "Renaissance et patrimoines", Tours, CESR.
  • 2012-2015 : Licence d'histoire de l'art, Tours, université François Rabelais.

Publications: