Tassanee Alleau

Titre de la Thèse: « À la racine » de la pratique et des savoirs : histoires naturelles de la plante souterraine à l’époque moderne (1530-1735)

Courriel: assanee.alleau@ymail.com

Date de début de la thèse: 2019

Directeur (trice): Pascal Brioist, Concetta Penutto

Discipline: Histoire

Résumé: 

Le système racinaire de la plante, constitué de racines et radicelles mais aussi de tiges (tubercules, rhizomes et bulbes), témoigne de savoirs botaniques, d’une certaine « maîtrise » de la nature et d’usages spécifiques du végétal. Les sources invitent à s’interroger sur l’utilisation des « racines » dans les domaines des sciences et de la santé. Cette utilisation est-elle un marqueur de la naissance d’un nouveau savoir rompant avec les savoirs du Moyen Âge et de l’Antiquité ou bien est-elle le marqueur d’une « renaissance » de savoirs anciens en continuité avec les savoirs médiévaux ? Dans le dialogue des savoirs modernes et des nouvelles découvertes géographiques et botaniques sur la racine avec les héritages antiques et médiévaux, la question des gestes pratiqués autour de la partie invisible de la plante comporte des enjeux scientifiques de continuité, de rupture et d’innovation dans l’exploration de la nature que la candidate placera au cœur de sa recherche. Cachées dans les tréfonds de la terre, métaphore de l’origine, du fondement, de la cause profonde, la racine et les parties souterraines de la plante sont timidement évoquées dans les œuvres littéraires mais plus souvent analysées et étudiées dans les herbiers illustrés de l’époque moderne, et permettent d’introduire une réflexion approfondie sur la relation des hommes et des femmes au monde végétal entre le XVIe et le début du XVIIIe siècle. Les racines et tubercules, comestibles ou non, viennent du monde d’en bas, au pied de la Chaîne de l’Être, comme le montre Allen J. Grieco. Étudier la « racine » pendant cette période revient à élaborer une histoire culturelle et scientifique de la plante pour mieux comprendre la production des savoirs botaniques, culinaires, médicaux, horticoles, philosophiques ou des connaissances de la pharmacopée, de la chirurgie et du soin des corps. La thèse s’intéressera à la circulation et à la transmission des savoirs, notamment par les livres (herbiers, livres de recettes, livres de secrets, traités), en France, en Angleterre, dans les Provinces Unies et dans le Saint-Empire romain germanique avec une ouverture sur l’appropriation des plantes du « Nouveau Monde ». En effet, la racine et les parties souterraines du végétal sont des produits culturels et un « matériau-savoir », comme l’explique Samir Boumediene : elles questionnent leurs rapports à la société, interrogent les sens des naturalistes et des utilisateurs par l’ensemble de leurs gestes, techniques et pratiques autour de la plante utilitaire. À travers les racines enfouies et les légumes-racines, parfois considérés comme éléments pauvres, inutiles ou vils, et parfois vus comme des remèdes essentiels de la pharmacopée, cette thèse examinera une vision « autre » du végétal, une certaine représentation de la nature normalement peu visible, comme c’est le cas dans les arts figuratifs. « Rendre visible la plante invisible », (Traces du végétal, 2015), est une tâche qui consiste à adopter une certaine interprétation des sources historiques et notamment lorsque cela touche les savoirs populaires, à l’opposé des savoirs présents dans les herbiers ou les traités médicaux. Les racines deviennent les symboles de cet antagonisme qui existe entre savoirs et usages, témoins de la culture locale d’une époque donnée (perception magique et anthropomorphe de la plante). Les recherches vont permettre d’entrer dans le cadre normé du jardin, de la culture des racines et du commerce qui en découle (marchands, apothicaires et « charlatans ») ainsi que dans l’espace des paysages « sauvages », où les plantes ne sont pas domestiquées. Dans ce contexte, on posera la question du destinataire des livres sur les plantes, les sources écrites ayant tantôt des finalités scientifiques tantôt des finalités sociales, telles la santé ou l’alimentation.

 

CV court: 

Formation / Diplômes (Education & Diplomas) :

• 2017-2018 – Master 2 spécialité Recherche, Mention « Renaissance : Genèse de l’Europe » au Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance à Tours
Mémoire de Master : A New Herball de William Turner : la symbolique des plantes et leurs usages à la Renaissance en Angleterre, Mention Très Bien, 19/20. Directeurs de mémoire : Madame Concetta Pennuto et Monsieur Pascal Brioist.

• 2015-en cours – Licence d’Art à l’École des Beaux-Arts de Tours (ESAD Tours)

• 2014-2016 – Master 1 « Renaissance et Patrimoine » au Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance de Tours
Mémoire de Master : Le De Historia Stirpium de Leonhart Fuchs, la médecine et l’usage des plantes dans la société allemande du XVIe siècle, Mention Très Bien, 18/20. Directeurs de mémoire : Madame Concetta Pennuto et Monsieur Pascal Brioist.

• 2011-2014 – Licence Lettres, Langues & Civilisations Étrangères Parcours Anglais à l’Université François Rabelais de Tours
Parcours Relations Internationales et Français Langue Étrangère (FLE)

Thèmes de recherche: 

Histoire moderne, histoire des sciences, philosophie, langues (anglais, allemand), histoire socioculturelle européenne, histoire des représentations, histoire des mentalités et des sensibilités, histoire de la médecine, histoire de l’art, histoire de la botanique, symbolisme, histoire du folklore, littérature

Cursus studiorum: 

  •  2019-en cours – Doctorat avec mission d’enseignement au Centre d’Études Supérieures de la Renaissance (CESR) à Tours (chargée de TD en Histoire moderne)
  •  2018 – Obtention du CAPES d’Histoire Géographie

Participation à des conseils, comités, associations...: 

2019-en cours : Trésorière-adjointe de l'ADCESR de Tours

Publications: